Lors de sa première sortie médiatique depuis son départ de la Primature, Ousmane Sonko a expliqué les raisons de sa rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye. Il affirme que des divergences politiques et stratégiques existaient depuis plusieurs mois, notamment sur la dette publique, les relations avec le FMI, la politique des prix et le fonctionnement de la justice.
Sonko soutient avoir été convoqué au Palais après son intervention à l’Assemblée nationale, où le chef de l’État lui aurait annoncé qu’il devenait difficile de poursuivre leur collaboration. Il dit avoir refusé de présenter leur séparation comme une décision commune, estimant qu’il s’agissait d’un limogeage assumé par le président.
Le leader de Pastef accuse également Bassirou Diomaye Faye d’avoir nommé son successeur, Ahmadou Alamine Mohamed Lo, sans consulter le parti et de chercher à affaiblir politiquement Pastef en attirant certains de ses responsables dans le nouveau gouvernement.
Selon Sonko, le désaccord portait aussi sur la composition du futur gouvernement et la place réservée à Pastef. Il affirme avoir perçu une volonté de marginaliser son courant politique au sein du pouvoir.
Cette prise de parole confirme ainsi une rupture profonde entre les deux hommes qui avaient porté ensemble l’alternance de 2024 et ouvre une nouvelle phase de tensions politiques au sommet de l’État.