Lors de son premier interrogatoire, Ndiaga Seck a d’abord tenté de contester les faits qui lui sont reprochés. Toutefois, l’exploitation préliminaire de son téléphone portable, réalisée avec son accord, aurait permis aux enquêteurs de confirmer plusieurs éléments évoqués dans le dossier.
Confronté à ces éléments, le responsable politique aurait finalement fait des déclarations détaillées devant les enquêteurs. Selon des informations relayées par Seneweb, il est revenu sur une partie de son parcours personnel et sur certaines fréquentations passées. « Mes parents ont divorcé lorsque j’avais entre 4 et 5 ans. On m’avait confié à ma grand-mère paternelle qui vivait à Ziguinchor. C’est là-bas que j’effectuais des tâches ménagères », a-t-il confié au commissariat urbain de Linguère.
C’est à Ziguinchor que Ndiaga Seck dit avoir hérité de ses gestes efféminés. Avec des garçons de son âge, ils ont commencé, dit-il, à commettre des attouchements, sans toutefois passer à l’acte sexuel durant cette période.
Sa vie a basculé après ses études universitaires, entre 1998 et 1999, selon ses propres déclarations. Dans un cybercafé, il se connectait sur un site de rencontres amicales où il a fait la connaissance d’un métis basé en France.
« Il m’a dragué en me demandant si j’avais déjà entretenu des relations sexuelles avec un homme. Face à ses insistances, je lui ai répondu qu’il serait mon premier partenaire sexuel. Nous avons continué notre discussion jusqu’au jour où il a quitté la France pour me rendre visite au Sénégal. Il était logé à l’hôtel Le Méridien Président à l’époque. Nous sommes passés à l’acte sexuel et j’étais le sujet actif », a déclaré Ndiaga Seck lors de son interrogatoire, d’après le dossier déposé sur la table du magistrat instructeur.
Toujours d’après le procès-verbal consulté par le média, Ndiaga Seck affirme aujourd’hui avoir tourné cette page de sa vie et dit s’être consacré à la sensibilisation et au repentir religieux. Il a également indiqué s’être rendu à plusieurs reprises à La Mecque.
L’enquête se poursuit. Son téléphone portable, placé sous scellés, doit faire l’objet d’une analyse approfondie par les services spécialisés de la Division spéciale de cybersécurité (DSC).