Le convoi du lutteur « Siggil » attaqué, comment deux garçons et une fille ont été tués

Ce fut une fin de journée particulièrement mouvementée, hier, au rond-point Tally Mame Diarra de Fass Mbao. Le convoi du lutteur Siggil de Yeumbeul a été pris dans une embuscade, puis copieusement attaqué à coups de projectiles. Deux garçons et une fille, tous présentés comme des supporters du lutteur, ont été sauvagement tués durant les affrontements. Des manifestants ont également été blessés.
Une bataille meurtrière, marquée par des jets de projectiles, a éclaté entre des supporters rivaux de lutte au niveau du rond-point Tally Mame Diarra, à Fass Mbao. Ce déchaînement de violence, sur fond de vengeance, serait lié à un récent combat opposant le lutteur de Fass Mbao à celui de Yeumbeul. Une confrontation qui aurait mal tourné à la suite des agissements de supporters d’un lutteur rival de Yeumbeul.
Indignés, des inconditionnels du jeune lutteur de Fass Mbao crient à la vengeance et décident de laver l’affront lors de la prochaine sortie en arène d’un lutteur de Yeumbeul. Ainsi, hier, le lutteur Siggil Yeumbeul, qui devait affronter un autre adversaire à l’arène nationale, a embarqué avec son staff et pris la direction du pont de Fass Mbao. Ils ont été escortés par des éléments de la police de Yeumbeul.
Des jeunes de Fass Mbao tendent une embuscade dans les parages du rond-point Tally Mame Diarra et restent à l’affût. À peine aperçoivent-ils le convoi du lutteur Siggil Yeumbeul sur le pont, accompagné d’un fourgon de la police, qu’ils sortent du bois et se dressent en masse sur la chaussée, histoire d’empêcher le convoi de passer. Ils poussent des cris de guerre et se livrent à des jets de projectiles en direction du convoi du lutteur Siggil Yeumbeul.
Des supporters du lutteur rival piquent une colère noire et déclenchent une foudroyante riposte. Une bataille rangée, à coups de pierres, éclate. L’équipe d’escorte de la police entre en action et lance des grenades lacrymogènes dans la foule afin de la disperser. Il s’agit surtout de permettre au convoi du lutteur « Siggil Yeumbeul » de traverser et de se rendre à l’arène nationale de Pikine.
Les supporters rivaux résistent et intensifient les combats de rue. Certains profitent de l’occasion et commettent des actes de banditisme. Ils infiltrent la foule et jouent aux pickpockets. D’autres brandissent des armes blanches, hurlent à tout rompre et jurent de sévir dans le sang. Des riverains du rond-point détalent et se barricadent en vue d’éviter les projectiles perdus. Mais ils échappent aux raids des malfaiteurs embarqués.
Face aux jets de projectiles de part et d’autre, l’équipe d’escorte de la police appelle en renfort ses collègues d’autres services, qui débarquent en commando sur les lieux et tentent aussi de disperser les lanceurs de projectiles à coups de grenades lacrymogènes. Ils font feu de tout bois, engagent parfois des courses-poursuites dans les ruelles du quartier avec les manifestants et font usage de gaz lacrymogènes à tout-va, provoquant des scènes de panique, d’hystérie collective, de toux, de débandade et d’irritation du visage, consécutives aux effluves agressifs des gaz lacrymogènes.
C’est dans cette situation de confusion indescriptible qu’un jeune garçon a essuyé un jet de projectile en pleine nuque. Grièvement blessé, il succombe à ses blessures à la suite d’une forte hémorragie interne et externe. Deux autres jeunes, un garçon et une fille, ont également été tués dans ce tohu-bohu. Le garçon aurait reçu un coup de machette au niveau du cou. Cependant, une équipe technique de la police fouille les images des caméras de surveillance implantées au rond-point et dans les parages, dans l’espoir d’identifier et d’interpeller les manifestants, et surtout les présumés auteurs de la boucherie. Les trois victimes, présentées comme des inconditionnels du lutteur Siggil Yeumbeul, ont perdu la vie dans ces violents affrontements.
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