Largué par sa copine, le lutteur « Bombasse » se venge d’une manière peu commune

Largué par sa copine, le lutteur « Bombasse » se venge d’une manière peu commune

Alioune Ndiaye, ancien lutteur connu sous le surnom de « Bombasse », a comparu le mardi 24 février 2026 devant la chambre criminelle de Dakar. Domicilié aux HLM Grand-Yoff, il est poursuivi aux côtés de son voisin Habibou Diagne pour des faits initialement qualifiés de tentative de meurtre, avant d’être requalifiés en coups et blessures volontaires avec préméditation. Le parquet a requis quatre ans de prison ferme contre Alioune Ndiaye et deux ans ferme contre son coaccusé pour complicité. Le délibéré est attendu le 24 mars 2026.

Selon les éléments du dossier évoqués à l’audience, les faits remontent au 6 août 2020, en fin de journée, entre 18h et 19h. D’après l’enquête, Alioune Ndiaye aurait sollicité l’aide de son voisin Habibou Diagne afin de récupérer un téléphone portable qu’il aurait offert à sa compagne, Khady Barro, laquelle aurait mis fin à leur relation peu après avoir reçu l’appareil. Les deux hommes auraient ensuite poursuivi la jeune femme dans la rue avant qu’elle ne trouve refuge dans l’atelier de couture de Ndiawar Boye.

Toujours selon les déclarations consignées dans la procédure, Alioune Ndiaye aurait porté quatre coups de ciseaux à la victime à l’intérieur de l’atelier. Khady Barro se serait effondrée après l’agression. La couturière, intervenue pour s’interposer, aurait réussi à retenir Habibou Diagne pendant que l’ancien lutteur prenait la fuite. Les deux hommes ont par la suite été interpellés.

À la barre, Habibou Diagne, mécanicien de profession, a contesté toute participation active à l’agression. Il a reconnu avoir assisté à l’altercation entre Alioune Ndiaye et la plaignante, mais a soutenu ne pas savoir avec quel objet les coups auraient été portés ni à quel endroit précis la victime aurait été atteinte. Toutefois, le parquet a relevé qu’au cours de la confrontation et devant le magistrat instructeur, il avait déclaré que son coaccusé avait utilisé des ciseaux et lui avait confié vouloir récupérer le téléphone offert après la rupture.

De son côté, Alioune Ndiaye a nié toute implication. Déjà condamné à trois reprises pour des faits de vol, il a affirmé qu’il se trouvait à Touba le jour des faits et non à Grand-Yoff. Il a également déclaré ne pas connaître la victime, assurant qu’il ne la reconnaîtrait pas si elle se présentait devant lui. Sur la question de sa relation avec Habibou Diagne, il a soutenu l’avoir connu en prison, une version contredite par ce dernier qui a indiqué qu’ils étaient voisins aux HLM Grand-Yoff.

La plaignante était absente à l’audience. Le procureur s’est appuyé sur ses déclarations consignées au procès-verbal, dans lesquelles elle contestait toute relation sentimentale avec Alioune Ndiaye et décrivait les faits comme une agression. Le représentant du ministère public a également évoqué le certificat médical versé au dossier, faisant état de quatre plaies horizontales consécutives aux coups reçus.

Estimant que l’intention de donner la mort n’était pas caractérisée, le parquet a requis la requalification des faits en coups et blessures volontaires avec préméditation. Il a ainsi demandé une peine de quatre ans de prison ferme contre Alioune Ndiaye et de deux ans ferme contre Habibou Diagne pour complicité.

Pour la défense, Me Martin Diatta a soutenu que la qualification initiale de tentative de meurtre était excessive et a plaidé l’acquittement de ses clients au bénéfice du doute, mettant en avant les incohérences relevées dans les déclarations et l’absence de la plaignante à l’audience. La chambre criminelle de Dakar a mis l’affaire en délibéré au 24 mars 2026.

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