Serveur dans un restaurant dans la station balnéaire de Cap‐Skirring, Oumar Sadio né le 15 juin 1981 à Ziguinchor, divorcé et père de deux enfants, se disant jamais condamné, a été jugé hier par la Chambre criminelle de Ziguinchor pour assassinat et détention illégale d’arme.
Les faits en cause ont lieu le samedi 10 février 2024, vers 15 heures 45 mn quand le Oumar Sadio a faisait part à la brigade de territoriale de Cap‐Skirring de la découverte du corps sans vie de Binta Diatta plus connue sous le nom de «Binta Fall» dans son appartement situé au quartier Montagne. Un transport effectué sur les lieux permettait aux gen‐ darmes de découvrir Binta Diatta allongée à plat ventre sur un matelas à moitié couvert avec un drap ; des blessures vi‐ sibles sur son corps au niveau de la tête, sur une partie de la mâchoire droite, sur l’oreille droite,
au niveau du cou et de l’avant‐bras gauche. La perquisition effectuée sur les lieux a permis aux gendarmes enquêteurs de découvrir également
un coupe‐coupe déposé sur le toit d’une chambre et un short multicolore en tissu Wax. Le bluestar forensic pulvérisé sur le coupe‐coupe révélait des traces de sang. Une réquisition à personne qualifiée était ainsi adressée au médecin‐chef de l’hôpital régional de Ziguinchor aux fins de procéder à l’autopsie du corps sans vie de Binta Diatta alias «Binta Fall». Le rapport d’autopsie médico‐légal et le certificat de genre de mort établis le 19 février 2024 par Alioune Badara Diouf, ancien interne des hôpitaux, chirurgien‐Orthopédiste‐Traumatologue faisaient état d’une mort brutale avec hémorragie abondante extériorisée secon‐ daire à une plaie par arme pesant au niveau cervical avec fracture du rachis cervical supérieur. A l’enquête préliminaire, Penda Cissé sœur ainée de la victime, désignait Oumar Sadio comme étant celui qui avait tué sa sœur, précisant que ce dernier exerçait, tout le temps, des violences à l’égard de la victime qui était sa copine. Elle ajoutait que l’inculpé portait un short multicolore en Wax lorsqu’elle l’avait laissé dans l’appartement le jour des faits. Interpellé, puis interrogé Oumar Sadio contestait les faits dans un premier temps en soutenant qu’il n’était pas impliqué dans la mort de sa copine, Binta Diatta dite «Binta Fall». Entendu à nouveau, il revenait sur ses déclarations en admettant finale‐ ment que c’est lui qui avait tué Binta Diatta. Revenant sur le mobile de son crime, il précisait que c’était suite aux «provocations » de la victime, sa copine Binta Diatta qu’il s’était énervé et avait usé d’un coupe‐coupe pour commettre l’irréparable. Présenté au magistrat instructeur pour les faits d’assassinat et de détention illégale d’arme, l’inculpé Oumar Sadio reconnaissait avoir donné la mort à la victime. Mais, il écartait la préméditation et la détention d’une arme sans autorisation. Appelé à la barre hier, l’accusé a reconnu les faits. «Oui j’ai tué ma copine Binta Diatta dit,«Binta Fall » mais je ne peux pas dire ce qui m’a poussé à commettre un tel crime», a laissé entendre Oumar Sadio.
Si pour l’avocat général les faits sont constants et ne souffrent d’aucune contestation, il a cependant requis la disqualification des faits en meurtre. Aussi, a‐t‐il requis 20 ans de travaux forcés contre l’accusé. Me Djiby Diagne, qui assurait la défense de Oumar Sadio), a soutenu, dans sa plaidoirie, que préméditation n’est pas établie dans ce dossier. «Je demande au tribunal de requalifier les faits en coups et blessures volontaires et de faire bénéficier à mon client des circonstances atténuantes et une application bienveillante de la loi», a‐t‐il plaidé. Le tribu‐ nal a mis l’affaire en délibéré au 1er juillet 2026.