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Face à face avec le juge : Plusieurs libérations dans l’affaire Pape Abdoulaye Touré

Face à face avec le juge : Plusieurs libérations dans l’affaire Pape Abdoulaye Touré

Le dossier des violences politiques de la période 2021-2024, ouvert à la suite de la plainte déposée par Pape Abdoulaye Touré, connaît son premier dénouement judiciaire. Sur les quatre personnes interpellées et présentées devant les juges d’instruction des premiers et deuxièmes cabinets du Tribunal de grande instance de Dakar, trois ont recouvré la liberté, tandis qu’un agent du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) reste sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur.

Le dossier trouve son origine dans une plainte déposée le 9 septembre 2024 par Pape Abdoulaye Touré, qui dénonçait des faits de séquestration, d’enlèvement illégal et d’actes de torture qu’il affirme avoir subis dans la nuit du 2 juin 2023, en pleine période de troubles politiques. Le plaignant avait notamment mis en cause l’ancien ministre Pape Malick Ndour, à l’époque en fonction, ainsi que d’autres personnes présentées comme des proches de ce dernier, accompagnées de gendarmes. Menée par la Section de recherches, l’enquête a permis, plusieurs mois plus tard, l’arrestation de quatre suspects : deux anciens vigiles qui assuraient à l’époque la garde du domicile de Pape Malick Ndour, ainsi que deux agents de sécurité du COUD.

Après leur passage devant les magistrats instructeurs, trois des quatre mis en cause ont bénéficié d’une mesure de liberté. Il s’agit des deux vigiles employés à l’époque chez Pape Malick Ndour, ainsi que de l’agent du COUD surnommé « Kabakourou ». Les trois hommes ont été inculpés pour association de malfaiteurs, crime contre l’humanité par actes de torture et torture, sur la période allant du 1er février 2021 au 25 février 2024, avant d’être placés sous contrôle judiciaire plutôt qu’en détention.

Un agent du COUD placé sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur

Le quatrième mis en cause, un autre agent de sécurité du COUD, n’a pas eu la même issue. Poursuivi pour les mêmes chefs d’inculpation, il a été placé sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur par le magistrat instructeur, qui a estimé sa détention nécessaire aux besoins de l’information judiciaire. Sa défense avait pourtant plaidé une liberté provisoire, à titre subsidiaire un contrôle judiciaire, en mettant en avant ses garanties de représentation, notamment un domicile connu à Dakar, sa situation familiale et le fait qu’il aurait répondu aux différentes convocations des enquêteurs. Des arguments qui n’ont pas convaincu le juge.

Le traitement judiciaire de ce dossier se distingue par la co-saisine des juges des premiers et deuxièmes cabinets d’instruction, une configuration rare qui traduit la sensibilité du dossier. L’affaire s’inscrit plus largement dans le cadre de l’instruction ouverte sur les violences survenues entre 2021 et 2024, dans laquelle Pape Malick Ndour lui-même fait l’objet de poursuites distinctes. Les enquêteurs devront désormais poursuivre leurs investigations pour établir les responsabilités individuelles dans les faits dénoncés par Pape Abdoulaye Touré.

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Amadou NIMAGA

Journaliste à la rédaction de Kawtef.

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