« Ce qui mettra fin à notre relation ne viendra pas de moi. Et je pense que cela ne viendra pas du président Bassirou Diomaye Faye. »
Une phrase à double lecture, que certains interprètent comme un serment de loyauté, et d’autres comme un au revoir déguisé. Quoi qu’il en soit, elle révèle un malaise : la confiance entre les deux hommes n’est plus ce qu’elle était.
D’un côté, un président qui se veut institutionnel, cherchant à élargir sa base politique et à affirmer son autorité. De l’autre, un Premier ministre au profil plus militant, attaché à la ligne idéologique originelle de Pastef. Deux visions, deux méthodes, une même ambition : incarner le changement. Mais à force de divergences, l’alliance née dans la résistance semble désormais fragile.
« Diomaye a envoyé un signal fort à Sonko »
Selon Demba Gueye, enseignant-chercheur en analyse du discours politique, c’est Ousmane Sonko lui-même qui a ouvert le front politique par ses dernières interventions médiatiques, notamment lors de son Tera meeting du 8 novembre.
Interrogé sur la RFM, le chercheur estime que le Premier ministre a multiplié les déclarations perçues comme des avertissements , voire des menaces , à l’égard du président Bassirou Diomaye Faye.
« Ses propos, que ce soit dans ses meetings ou dans les médias, constituent une véritable défiance politique : sur la façon de gouverner, mais aussi sur la conception de la coalition “Diomaye Président”. »
À la question de savoir si le chef de l’État a désavoué Ousmane Sonko, Dr Gueye répond sans détour : oui. Mieux encore, selon lui, le président lui a adressé un « signal fort ».
L’émergence d’un “Diomaye politique”
Pour l’analyste, la posture récente du président marque une rupture :
« On connaissait un Diomaye institutionnel, discret, mesuré. Cette fois, on découvre le Diomaye politique, celui qui assume de prendre des décisions et d’engager une bataille politique. »
Il rappelle que, dans l’opposition, Bassirou Diomaye Faye avait certes mené de nombreuses luttes, mais rarement en première ligne. Aujourd’hui, la situation est différente : le président affiche clairement son autorité.
Une rupture silencieuse mais assumée
Pour l’heure, la séparation entre les deux hommes n’est pas officialisée. Mais elle est déjà palpable, presque assumée.
Entre posture institutionnelle et revendication militante, le tandem au sommet de l’État semble arrivé à un tournant décisif.
Seneweb