Désespérée d’avoir un enfant: La femme d’un émigré cherche de l’aide chez un marabout qui finit par l’engrosser

Si le juge suit le réquisitoire du procureur de la République, le marabout B. Souaré va passer 15 ans derrière les barreaux. Accusé de viol, charlatanisme et tentative d’avortement sur une femme mariée, il a été jugé ce mardi à la chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye. L’accusé a été placé sous mandat de dépôt le 22 septembre 2021.
Selon l’accusation, les faits remontent à septembre 2021. La dame A. Diop, mariée depuis 2011, dont l’époux est à l’étranger, voulait avoir un enfant. Désespérée, elle s’est confiée à son amie A. Diol, qui l’a mise en rapport avec son oncle B. Souaré, marabout domicilié aux Parcelles Assainies.
Dans un premier temps, ce dernier remet à la dame un seau d’eau préparé avec des gris-gris pour purifier son corps. Mais trois mois plus tard, alors qu’elle se rend à son domicile pour récupérer d’autres talismans, B. Souaré lui fait boire une potion mystique. Après ingestion du breuvage, la victime déclare avoir perdu la capacité de discerner. Profitant de sa vulnérabilité, le marabout la contraint à se déshabiller et abuse d’elle. Ce subterfuge se répétera à deux autres reprises.
Constatant l’absence prolongée de ses menstrues, A. Diop en informe le marabout. Pour éteindre l’incendie, ce dernier lui vend, moyennant 35 000 FCFA, un breuvage censé provoquer l’interruption de la grossesse. Le liquide déclenche chez la victime de violents vomissements et des diarrhées aiguës.
Face aux interrogations de sa cliente, le marabout prétexte un blocage du cycle dû aux djinns. Pourtant, le ventre de la femme continue de s’arrondir.
Une consultation médicale et une échographie à l’hôpital révèlent une grossesse évolutive de cinq mois. Confronté à l’évidence, le marabout refuse de prendre ses appels et tente de fuir. A. Diop décide alors de porter plainte le 11 septembre 2021 au commissariat de Golf Sud.
L’expertise ADN implacable du labo IRESSEF
Entendu durant l’instruction, B. Souaré nie catégoriquement toute relation sexuelle avec la plaignante, affirmant n’avoir pratiqué que des soins mystiques (sangatt, safara et listikhar). Il rejette la paternité de l’enfant né de la grossesse. Cependant, le magistrat instructeur a pu s’appuyer sur des preuves scientifiques irréfutables.
Les analyses génétiques ordonnées auprès de l’IRESSEF (Institut de Recherche en Santé, de Surveillance Épidémiologique et de Formation) ont analysé 25 marqueurs génétiques. Le rapport rendu est formel : B. Souaré partage l’ensemble des allèles avec l’enfant. Il est bel et bien le père biologique.
Des charges lourdes retenues par le juge d’instruction.
Dans son ordonnance de renvoi, le juge d’instruction du premier cabinet de Pikine-Guédiawaye retient les chefs de viol, charlatanisme et tentative d’avortement.
À la barre, B. Souaré a contesté le viol. Il a déclaré que la dame avait consenti. Et, ils ont entretenu des rapports sexuels a 3 reprises à dalifort. C’est apres 5 mois de grossesse, apres constat de son changement morphologique fait par une se ses amies, que la partie civile a commencé a parler de viol. Car son mari vivait en Italie.
L’avocat de la partie civile, qui sollicite sa condamnation, a réclamé la somme de 10 millions FCFA pour toutes causes et préjudices confondus.
Dans ses observations, le procureur de la République, qui estime que les faits sont constants à l’encontre de l’accusé, a requis une peine de 15 ans de réclusion criminelle.
À la suite de Me Abdoulaye Sene, de la défense, qui plaide le consentement, l’affaire est mise en délibéré au 3 novembre 2026.
Commentaires