Né en Casamance et issu d’un milieu modeste, Ousmane Sembène (1923–2007) exerce divers métiers manuels avant de devenir docker à Marseille et de s’engager dans le syndicalisme. Cette expérience du monde ouvrier et des injustices sociales devient la source d’inspiration majeure de son œuvre.
De la plume à la caméra
Sembène débute sa carrière artistique par la littérature avec des romans marquants comme Le Docker noir (1956) et Les Bouts de bois de Dieu (1960), où il dénonce le colonialisme et les inégalités. Réalisant que l’analphabétisme limite la portée de ses livres, il se tourne vers le cinéma au début des années 1960 pour toucher un public plus large.
Le « père du cinéma africain » et de ses combats
Pionnier du septième art subsaharien, il marque l’histoire avec La Noire de… (1966) et impose les langues locales à l’écran avec Mandabi (1968), tourné en wolof. À travers des œuvres souvent censurées (Xala, Ceddo), il critique sans concession les élites postcoloniales, la religion et la mémoire historique. Son dernier film, Moolaadé (2004), illustre son combat contre les mutilations génitales féminines.