On ne vous apprend rien si on vous dit que le clash encore appelé beef (embrouille) ou Diss (disrespect) est une partie intégrante du hip-hop que les rappeurs, à l’égo généralement surdimensionné, affectionnent.
C’est en effet, un secret de polichinelle. Seulement, plus qu’une simple ‘’embrouille’’, le ‘’beef’’ est tout un art qui requiert à la fois une certaine profondeur dans l’écriture à forte dose de sarcasmes et un flow mordant. Dans cet exercice, les punchlines pleuvent et sont souvent plus foudroyantes que des rafales. Ce qui n’est évidemment pas la tasse de thé de tout le monde comme on a pu s’en convaincre avec le clash de 2023 qui a opposé Ngaka Blindé au duo de Akhlou Brick.
De « Mbaye Petaw », à « Borom Ndakarou » en passant par « Tchi-Tchi » et « Nokhou National », Ngaka Blindé et Akhlou Brick ont plus brillé par les insanités distillées dans leurs différents « diss track » que par leur créativité artistique. Si au pays de l’Oncle Sam (terre mère du rap) l’injure ne choque pas, à Djolof elle passe mal même enrobée dans de belles notes de musique. Ce qui explique d’ailleurs la courte durée de vie de ces « diss track » mêmes s’ils arrivent, dans un premier temps, à susciter la curiosité du public et à faire gagner quelques milliers de vues sur Youtube.
Au finish, ils ont pu empocher 65 millions de francs CFA dans un face-à-face en marge de la soirée de Kick Boxing « Eric favre Fight », le 2 décembre dernier, mais Ngaka Blindé et Akhlou Brick nous ont plus pompé l’air qu’autre chose.