Au Sénégal, les grossesses issues de viols ou d’incestes peuvent conduire certaines femmes à recourir à des avortements clandestins et dangereux, avec des conséquences dramatiques : décès maternels, infanticides et emprisonnements. Selon Ndèye Madjiguène Sarr, ces femmes, pourtant victimes, risquent des peines de 5 à 10 ans pour infanticide.
En 2020, 34 079 avortements ont été recensés au Sénégal, avec Dakar en tête (6 948), suivie de Thiès (5 390) et Diourbel (3 704). En 2021, 24 % des femmes détenues l’étaient pour infanticide et 25 % pour avortement.
La juriste plaide ainsi pour un meilleur accès à la justice et à l’avortement médicalisé dans les cas de viol, d’inceste ou lorsque la santé de la mère est en danger, ainsi que pour davantage de sensibilisation contre les violences sexuelles.