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Alerte santé : « Apollo » fait des ravages à 48h de la rentrée scolaire

Alerte santé : « Apollo » fait des ravages à 48h de la rentrée scolaire

À deux jours de la rentrée, une forte recrudescence de la conjonctivite « Apollo » sature les hôpitaux et les pharmacies de l’axe Dakar-Touba, malgré l’absence d’alerte officielle du ministère de la Santé. C’est une menace sanitaire silencieuse, mais d’une virulence extrême, qui gagne du terrain à l’échelle nationale. À seulement quarante-huit heures du retour de 4,5 millions d’élèves et d’apprenants sur les bancs de l’école, la conjonctivite aiguë, plus connue sous le nom populaire d’« Apollo », connaît une recrudescence fulgurante.

Des hôpitaux régionaux aux officines de quartier, le constat des professionnels de la santé est unanime : le virus circule activement depuis deux semaines, embrasant les yeux, collant les paupières et saturant les services d’ophtalmologie. Même si, au sommet de l’État, le ministère de la Santé et de l’Action sociale affirme n’avoir reçu aucune remontée officielle à l’échelle nationale, les témoignages recueillis sur le terrain décrivent une situation préoccupante.

Une explosion des courbes de contamination sur l’axe Dakar-Touba-Kaolack

Les signaux d’alerte émis par la médecine de terrain décrivent une hausse exponentielle et inhabituelle des infections. À Touba, les chiffres du Centre hospitalier national Matlaboul Fawzaini font froid dans le dos. L’ophtalmologue Ndèye Niass signale y avoir traité entre 15 et 20 cas critiques en deux semaines, contre un maximum de deux à cinq cas en période normale.

Plus inquiétant encore, des clusters ou foyers de contagion se formeraient de manière géométrique au sein d’entreprises et d’établissements scolaires.

Plus près, la capitale n’est pas épargnée par ce raz-de-marée infectieux. À la Cité Keur Gorgui, la plateforme médicale Focus Santé a vu ses consultations ophtalmologiques littéralement cannibalisées par l’affection : 70 à 80 % des diagnostics quotidiens concernent désormais la conjonctivite, avec des pics allant jusqu’à huit cas par jour.

En fin de journée, les pharmacies du Plateau sont prises d’assaut par des grappes de travailleurs et de parents d’élèves à la recherche de collyres et d’antalgiquess pour soulager les yeux rouges et tuméfiés.

Dr Mouhamadou Moustapha Gningue, ophtalmologiste à l’hôpital régional de Kaolack, confirme une « dissémination » agressive et appelle à un durcissement immédiat des protocoles d’hygiène.

Le spectre des complications cornéennes et de la cécité partielle

Pour endiguer le fléau à la veille de la rentrée scolaire, les épidémiologistes rappellent qu’il est impératif de tordre le cou aux croyances populaires : il ne faut pas regarder un malade dans les yeux pour contracter la conjonctivite. Le péril est exclusivement matériel : le virus se propage à travers les sécrétions oculaires, les larmes et, surtout, par l’intermédiaire des mains et des objets souillés, notamment les téléphones portables, les poignées de porte, les claviers, les serviettes et les mouchoirs.

Les écoles, en raison de leur promiscuité naturelle, constituent de formidables incubateurs pour le virus. Les spécialistes conseillent donc aux directions d’école de multiplier les points d’eau courante et de savon à l’entrée et à la sortie des classes. À la maison, un protocole strict de désinfection des mains doit être imposé à chaque membre du foyer dès son retour de l’extérieur.

Si, dans la majeure partie des cas, la maladie se résorbe en cinq à dix jours grâce à un traitement symptomatique — larmes artificielles et compresses froides —, Dr Ndèye Niass met en garde contre une banalisation dangereuse du virus.

L’automédication, notamment l’usage intempestif de collyres antibiotiques ou traditionnels sans avis médical, doit être bannie. L’apparition d’un flou visuel ou d’une baisse brutale de l’acuité visuelle constitue une urgence ophtalmologique absolue.

Dans ses formes sévères, l’« Apollo » peut attaquer directement la cornée et altérer la vision de manière irréversible. La vigilance de chaque citoyen reste le seul rempart efficace en attendant une réaction coordonnée des autorités sanitaires.

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Amadou NIMAGA

Journaliste à la rédaction de Kawtef.

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