À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac 2026 à Dakar, les autorités sanitaires sénégalaises, l’OMS et les pneumologues ont alerté sur l’augmentation alarmante de la consommation de nicotine chez les jeunes. Alors que le tabagisme chez les adultes a baissé de 25 % pour atteindre une prévalence de 4,4 %, cette avancée est aujourd’hui menacée par l’industrie du tabac. Celle-ci déploie des stratégies agressives de séduction basées sur des arômes et de nouveaux produits électroniques pour cibler les mineurs : désormais, un enfant sénégalais sur certains a déjà testé le tabac, et l’âge moyen d’initiation est tombé à 7 ans.
Face à cette urgence de santé publique, la riposte s’organise d’abord par un renforcement législatif et fiscal. Le gouvernement prévoit six mesures prioritaires, incluant l’interdiction des nouveaux produits, le durcissement de la loi antitabac, la traçabilité des paquets et la création d’une taxe dédiée au financement de la lutte. En parallèle, la réponse se veut médicale.
Les spécialistes rappellent que le tabagisme est une maladie addictive et demandent l’accès subventionné aux substituts nicotiniques comme les patchs ou les gommes pour accompagner le sevrage. Pour l’ensemble des acteurs, la prévention seule ne suffit plus, et il est urgent de combiner une réglementation stricte à un accès aux traitements pour protéger la nouvelle génération de la dépendance.