Jugé ce mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, Thierno Seydou Pam a été fixé sur son sort dans une affaire mêlant accusations de transmission volontaire du VIH et actes contre nature.
À l’issue des débats, le tribunal a prononcé la relaxe pour le délit de transmission volontaire du VIH, faute de preuves suffisantes. En revanche, le prévenu a été reconnu coupable d’actes contre nature et condamné à trois ans de prison ferme.
L’affaire trouve son origine dans l’exploitation d’un téléphone portable saisi dans le cadre d’une enquête menée par la Brigade de recherches de Dakar, avec l’appui du Centre de lutte contre la criminalité numérique de la Gendarmerie nationale. Les investigations ont permis de mettre au jour de nombreux échanges via WhatsApp, incluant des messages, audios et vidéos à caractère sexuel.
Selon le rapport d’enquête, ces conversations faisaient état de rencontres sexuelles planifiées, parfois à caractère tarifé, ainsi que de partage de contenus explicites. Plusieurs interlocuteurs ont été identifiés dans ces échanges, dont certains évoqués sous pseudonymes.
Lors de son audition, Thierno Seydou Pam est revenu sur son parcours personnel, évoquant notamment une expérience traumatisante vécue à l’étranger. Il a également déclaré avoir découvert sa séropositivité au moment de son arrestation, affirmant ignorer jusque-là son état de santé.
Malgré les éléments techniques recueillis, le tribunal n’a pas retenu l’accusation de transmission volontaire du VIH. Toutefois, les faits liés aux pratiques jugées contraires à la loi ont conduit à sa condamnation.
Ce verdict met en lumière la complexité de cette affaire, à la croisée des questions judiciaires, sociales et sanitaires.