Le climat social au Sénégal est actuellement tendu, avec la question de l’homosexualité au cœur du débat public, notamment à la suite de l’affaire Pape Cheikh Diallo liée à une présumée transmission volontaire du VIH.
Invitée de l’émission Objection sur Sud Fm, Dr Khoudia Sow, sociologue et médecin, critique la procédure menée par la Brigade de Recherches de Keur Massar. Elle dénonce la divulgation dans les médias du statut sérologique des personnes mises en cause, rappelant que la loi protège strictement ces informations et que tout dépistage doit être volontaire ou ordonné par le procureur dans un cadre légal précis.
Selon elle, le Sénégal fait face à une forte polarisation : d’un côté, une demande sociale appelant à une répression accrue ; de l’autre, une minorité de jeunes homosexuels revendiquant davantage de visibilité. Elle estime que les autorités ont cédé à une pression socio-politique importante, au risque de fragiliser les avancées réalisées dans la lutte contre le VIH.
Dr Sow souligne également que l’homosexualité n’est pas un phénomène importé, évoquant l’expression wolof « borom gnary tour » pour rappeler que ces réalités ont toujours existé dans la société sénégalaise.
Enfin, elle alerte sur les conséquences sanitaires d’une telle stigmatisation : la rupture du secret médical et l’exposition publique des statuts sérologiques pourraient dissuader certaines personnes de se faire dépister ou soigner, compromettant ainsi des décennies d’efforts contre le VIH.