Affaire Nourah Ba : Le verdict est tombé pour le chroniqueur Momo Cissé

Le chroniqueur Mamadou Cissé, dit « Momo Cissé », a été reconnu coupable de diffusion de fausses nouvelles par le tribunal des flagrants délits de Dakar, ce mercredi. Il a été condamné à une amende ferme de 300 000 F CFA, conformément aux réquisitions du parquet.
À la barre, le prévenu a contesté les faits. Il a affirmé s’être limité à rapporter des informations transmises par des tiers. Lors d’une émission, il était revenu sur les circonstances de l’arrestation de l’influenceuse Mariama Ba, dite « Nourah Ba ». D’après des informations recueillies auprès de sa cousine, celle-ci se promenait sur la corniche lorsqu’un policier lui aurait demandé si elle était Nourah Ba, ce qu’elle aurait nié.
Accusations et témoins dans l’affaire
Il avait aussi affirmé que l’influenceuse avait été privée d’uriner par les enquêteurs durant sa garde à vue à la Division spéciale de cybersécurité (DSC), ce qui aurait provoqué une infection, attestée selon lui par un certificat médical. « Cela m’a été rapporté par des personnes qui étaient sur les lieux », a-t-il déclaré.
Interrogé par la procureure sur les vérifications effectuées avant diffusion, il a répondu qu’il n’était pas dans le traitement de l’information : « J’étais dans la chronique et l’analyse. » Pendant sa propre garde à vue, a-t-il ajouté, il avait demandé la version exacte des faits pour pouvoir présenter des excuses publiques. Selon son récit, les policiers lui ont dit avoir sauvé l’influenceuse d’un lynchage et précisé que la personne qui l’avait insultée n’était pas une policière.
Parcours professionnel de Momo Cissé
Sur son parcours, il a indiqué ne pas avoir terminé sa formation en journalisme, mais se considérer comme journaliste après douze ans dans le métier, comme le prévoit le Code de la presse. Il dit avoir entamé les démarches pour obtenir la carte de presse nationale.
L’interrogatoire a été marqué par un vif échange entre Me El Hadj Oumar Youm, avocat de la défense, et la représentante du ministère public. L’avocat a interrompu la procureure, jugeant que ses questions prenaient la forme d’un discours moral : « Attendez vos réquisitions. » Elle a répliqué : « Ce n’est pas à vous de me dire ce que je dois faire », puis, en haussant le ton : « Je m’en fiche. Vous êtes qui ? » La présidente a suspendu l’audience pour apaiser les esprits.
À la reprise, Mamadou Diop, ami du prévenu, a été entendu à titre de simple renseignement. Il a confirmé les propos de Momo Cissé et affirmé avoir été présent au commissariat lors de l’évacuation de Nourah Ba vers l’hôpital, tout en précisant qu’il n’avait pas assisté à son arrestation.
La procureure a estimé l’infraction de diffusion de fausses nouvelles constituée et requis une amende de 300 000 F CFA. Me Aboubacry Barro, pour la défense, a soutenu que le dossier ne relevait d’aucune infraction pénale. Il a jugé que la DSC était « juge et partie » et que l’enquête aurait dû être confiée à la gendarmerie. Me Oumar Youm a plaidé la bonne foi de son client, qui a refusé de révéler ses sources à la police.
Me El Hadj Diouf, avocat de Nourah Ba, a affirmé que sa cliente avait été torturée et qu’elle devait être entendue sur ce qui s’est passé lors de sa garde à vue. Il a ensuite sollicité la relaxe.
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